
Mais l’autre truc… des vaisseaux spatiaux extraterrestres atterrissant à Los Angeles et, à en croire la télé, également dans une douzaine d’autres villes d’un bout à l’autre du globe… de bizarres visiteurs, très vraisemblablement hostiles et belliqueux, qui débarquaient à l’improviste… des intrus qui, pour Dieu sait quelle raison, venaient semer le trouble dans le monde généralement paisible et prospère qu’était la planète Terre aux premières années du vingt et unième siècle…
Ça, c’était du cinoche. C’était de la science-fiction. Ça bousculait votre impression d’un univers bien ordonné où les événements s’enchaînaient de manière prévisible.
Le Colonel n’avait lu qu’un seul livre de science-fiction dans sa vie, La Guerre des mondes de H.G. Wells, il y avait longtemps de cela. Il n’était pas encore le Colonel, rien qu’un grand escogriffe de lycéen qui se préparait diligemment à la vie qu’il savait devoir être la sienne. C’était un roman intelligent et passionnant, mais en fin de compte, le livre l’avait agacé parce qu’il posait une question intéressante – Qu’est-ce qu’on fait quand on se trouve en face d’un ennemi absolument invincible ? – sans y apporter de réponse valable. La conquête de la Terre par les Martiens n’avait pas été mise en échec par quelque stratégie militaire que ce soit, mais par une péripétie des plus fortuites, un accident biologique venu a point nommé.
Les questions difficiles ne l’embarrassaient pas, mais il jugeait utile d’essayer de leur trouver de bonnes réponses et s’était attendu à ce que Wells lui fournisse quelque chose de plus satisfaisant au lieu de s’arranger pour que les invincibles conquérants martiens succombent à des bactéries terriennes malignes inconnues d’eux alors même que les armées de la Terre gisaient écrasées et sans défense à leurs pieds.
