Certains étaient équipés de réservoirs contenant des produits chimiques ignifugeants, d’autres étaient des bombardiers d’eau écopeurs, d’autres encore des appareils de reconnaissance, le nez coiffé d’un cône étincelant de détecteurs infrarouges et électroniques. Des hommes et des femmes sous tension se démenaient frénétiquement dans tous les sens, s’interpellaient par gesticulations sauvages d’un bout à l’autre des pistes ou criaient dans des walkies-talkies tout en essayant de mettre un peu d’ordre dans les opérations de chargement. Sans y arriver vraiment, d’ailleurs.

Carmichael parvint au Q.G. des opérations, bourré de gens hagards vissés à des écrans d’ordinateur. Il connaissait la plupart d’entre eux pour les avoir vus lors de précédentes campagnes anti-incendies. Et ils le connaissaient.

Il attendit une accalmie dans la tourmente et tapa sur l’épaule d’un des régulateurs – une femme. Elle se détourna de son écran, hocha la tête avec des yeux en boules de loto, puis se fendit d’un large sourire en le reconnaissant.

« Mike. Bien. On a un DC-3 de libre pour toi. » Du doigt, elle traça une ligne sur l’écran en face d’elle. « Tu vas balancer des ignifugeants sur cet arc ouest-est, entre Ybarra Canyon et Horse Flats. Ça brûle dans les collines au pied des Santa Susana Mountains ; jusqu’ici, le vent souffle de l’est, mais s’il vire au nord, le feu va tout bouffer entre Chats Worth et Granada Hills, jusqu’à Ventura Boulevard. Et s’il n’y avait que celui-ci !

— Merde ! Il y en a combien ? »

Elle cliqua deux fois avec sa souris. La carte de la vallée de San Fernando précédemment affichée sur l’écran s’effaça dans un tourbillon, remplacée par l’intégralité du bassin de Los Angeles.



8 из 512